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Actuellement dans le monde de la culture, tout le monde veut devenir influencer, en revanche personne ne veut se reconnaître influençable. Ça vaut pour unx philosophe, comme pour un peintre ou un rappeur : personne n’avouera quelle personne l’a, littéralement, influencé. Qui est l’influence de l’influencer ? Personne ? Dans les transféminismes, cela est de plus en plus flagrant : qui dira aujourd’hui quelLEs ont été leurs premièrEs référentEs, leurs premierEs « initiateurices » ? Et surtout qui leur garde fidélité et loyauté ?

« Elle expérimente. Elle fanzine. Elle répond à son urgence. Elle ne demande pas la permission.
Elle est sans précaution, sans filet, sans papa maman derrière. Elle a un peu trop conscience des classes. Elle est spiritueuse, précaire, instable, dépendante affective. »
Élodie Petit – Manifeste de la langue bâtarde

« Ah d’accord donc c’est parce que tes potes te l’ont dit,
Et si tes potes te disent de te jeter à la rivière, tu le fais aussi ? »
Une daronne (citation atemporelle)

Pour commencer en parlant de nous-mêmes et de nos vécus, puisque (paraît-il) c’est important pour la rédaction de textes sur les questions trans (même si on a quelques doutes), précisons que nous n’avons pas de « récit transmasculin » de nos enfances à vous offrir et que nous n’en avons strictement rien à foutre. Enfants, nous étions ces filles introverties adoptées par d’autres filles plus enthousiastes et extroverties (souvent plus âgées, beaucoup plus âgées) pour qui on arrêtait le monde dès qu’elles nous disaient « viens ». L’amour, voire même l’obsession délirante pour ces femmes, les ennuis qu’elles nous provoquaient (sécher les cours, faire des bêtises, boire, fumer, voler, embrouilles à l’école ou à la maison), la façon cruelle avec laquelle elles nous brisaient le cœur, n’est rien comparée à la liberté qu’on trouvait à leur côté, découvrant ainsi le monde en dehors de la vie avec papa et maman. Le verdict de ces derniers : être influençable, traîner avec de « mauvaises fréquentations ». Pour nos parents, « nous n’étions pas vraiment lesbiennes » : on était ce qu’on appelle « les suiveuses  ».

Le Syndrome d’Adèle

Dans le coming out lesbien adolescent, il y a deux types de lesbophobie parentale : celle qui est appliquée à l’agent externe de la famille (mauvaise influence, insauvable), et puis celle qui est appliquée à la fille de la famille en question : l’influençable, la « suiveuse », la meuf sotte, totalement paumée, perdue, trop dépendante émotionnellement de sa mère, introvertie, qui afin de devenir indépendante de ses parents se laisse emporter par les « activités illicites » d’une fille rebelle (et plus âgée), le lesbianisme étant une. Si je peux remercier une chose au cinéma français (ça ne m’arrive pas souvent), c’est d’avoir fait le portrait de la lesbienne suiveuse. On peut penser à La Naissance des Pieuvres de Céline Sciamma, où une Marie presque autiste se mêle dans les aventures d’une Floriane qui va dans des parkings pour baiser avec des gars. Ce personnage est dans la vraie vie Adèle Hanael, et cette actrice devînt à son tour une « suiveuse », tellement suiveuse qu’elle a « ragequit » le milieu du cinéma et est même devenue militante communiste. On peut penser aussi à La Vie d’Adèle (le film), où le personnage principal (Adèle aussi, mais Excharchoupoulos pour le coup) est une suiveuse pure et dure. Par la faute de suivre de mauvaises fréquentations, elle finit par subir se faire frapper à la sortie du lycée, par être en rupture familiale. Tout ça pour rien parce que finalement « la fille aux cheveux bleus » lectrice de Sartre, en plus d’être une bourgeoise insupportable et violente, bah finalement Adèle ne sait pas trop ce qu’elle veut, vous voyez, elle est même peut-être un peu bie… Adèle la « suiveuse » reçoit un châtiment particulier  : vu qu’elle ne se décide pas, vu l’opacité de ses prétentions, vu qu’elle ne verbalise jamais ce qu’elle veut, vu qu’elle ne fait que « suivre les autres », tous les malheurs du monde tombent sur elle. Malheur parce qu’elle suit les filles dangereuses, les modes – et, en sous-entendu pour le réalisateur et le contexte (2013), « ces modes de la loi Taubira ».

Mais « le syndrome d’Adèle » est aussi émancipateur. Il représente le doute à continuer de porter sur ses épaules la loi cishétéropatriarcale, la sortie du cocon familiale, et, surtout, l’absence de réponse quand on nous demande pourquoi on fait ça, à part un « je sais pas, elle m’a dit que… ». La suiveuse était sur la bonne voie straight, mais elle en a dévié sans justification puisqu’elle n’a aucun récit qui puisse la sauver. La personne suiveuse n’a pas toujours été queer mais iel n’est pas, comme on veut bien le croire, capricieuxse. Au contraire, elle est une personne intègre et très loyale, elle suit juste la vague parce qu’elle ne ressent pas le besoin d’extérioriser, de formuler en forme d’aveu (Foucault, 1976) quoi que ce soit. Les suiveuses ont toujours été là, surtout lors de périodes révolutionnaires : mai 68, les révoltes des années 2010, à chaque fois dans les mobilisations… Même s’il faudra toujours des enthousiastes : qu’en serait-il du lesbianisme politique de Monique Wittig sans ses suiveuses ? Qu’en serait-il de la pensée d’Hocquenghem sans ses suiveurs ? Puis, qu’en serait-il de la transsexualisation sans ses suiveur.x.ses ? La suiveuse, l’Adèle, devient, in fine, ce que Deleuze et Guattari appellent un « personnage conceptuel » [1], puisqu’elle remet en question la rigidité des subjectivités sexuelles, que l’identité soit quelque chose « que nous avons à l’intérieur de nous », et, en passant, la suiveuse questionne les notions essentialisantes des « enfances trans/gay/butch/queer ».

Transsexualisation des masses

Si nous n’étions pas ’vraiment lesbiennes’, nous n’avons pas été de ’vraiEs butchs’ non plus. En revanche, nous les avons toujours surkiffé : des butchs randonneuxses du milieu rural du village aux butch sportifves urbaines. Dans le militantisme transféministe et queer nous avons manifesté et nous manifestons notre admiration par les butchs punks, les butchs anarchistes, les butch post-porn… Iels sont, littéralement, les personnes les plus « hot » d’un squat et nous ne savons toujours pas si nous voulons nous faire soulever par elleux, devenir elleux, ou les deux.

Notre rapport avec la testostérone suit les mêmes schémas de ’suiveuse’. En tant que « femelles très très influençables », se piquer seul.e.s, tout comme boire, lire, danser, manger ou fumer seul.e, c’est triste, déprimant. La compagnie du testo-apéro nous est vitale. La baise dans ces contextes augmente encore l’adrénaline. Plus nous sommes transmascbutchpédépxtesalopes, plus les transmascbutchpédépxtesalopes nous excitent. Nous aimons traîner en meute, dans une spirale qui mélange à chaque fois des désirs, des transferts, des contre-transferts. Nous avons désiré la masculinité chez les personnes assigné.e femme à la naissance, puis nous sommes devenu.x.e ces personnes, ces gens-là. Nous ne cherchons pas notre identité de genre parce que nous cherchons avant tout être avec nos amiEs.

Le plus sain c’est de ne pas trouver de réponses, se laisser influencer par ses amiEs, ses amantEs, et ces amiEs qui sont des amantEs. Or, l’historique pathologisation du comportement sexuel de la part de la médecine et de la psychiatrie des personnes trans, qui devient de plus en plus menaçante, mélange souvent « l’effet tendance » et les accusations de déprédation sexuelle. Ces accusations, qui hypersexualisent les personnes trans, détruisent et remettent nos micropolitiques collectives dans le placard lorsqu’on veut acquérir la respectabilité à tout prix : ceci explique pourquoi le néolibéralisme trans passe sa vie à parler de la « vraie identité interne » – et considère, en passant, comme des trans ’dysfocntionnels’ celleux qui ne cherchent pas cette chimère.

La stratégie la plus conséquente et efficace me semble, au contraire, de se réapproprier ces insultes, comme nous le voyons de plus en plus dans certains visuels anglophones. En France, Paul B. Preciado reprend les déclarations d’Élisabeth Roudinesco dans « Nous sommes une épidémie ». Telle est aussi la démarche du Front de Libération Transfem (FLIRT), un collectif transféministe autonome avec des slogans tels que « Transsexualisation des masses », « autogynéphiles du monde unies », ou encore d’autres plus hilarants et excellents comme «  tu veux être elle pendant que tu la baises ? rejoins-nous  ». Il faudrait aussi, se rendre à l’évidence sociale, objective, empirique même si on veut : être trans est quelque chose qui se fait à plusieurs. Des domaines nouveaux pour les études trans tels que la sociologie des réseaux démontrent comment une transition n’est jamais quelque chose d’individuel mais, pour le reformuler avec ma chère Félix Guattari, des agencements collectifs d’énonciation. Dans ces agencements collectifs d’énonciation, il y a plusieurs affects qui se mélangent, le désir en étant un. Le désir est toujours social et multiple. Or, si on parle de la transition comme quelque chose de collective, alors il faut parler de cul. Et, vice-versa, si on parle de cul, il faut parler d’expériences collectives. Sans cul, sans désir, pas de manière de théoriser la transition d’une façon un peu cohérente. Déso pour les normalien-ne-s dont la connaissance du matérialisme est équivalent à l’écart de ses cuisses – zéro, donc.

D’autres devenirs

Il très difficile actuellement, surtout dans les francophonies, de retrouver ces stratégies pour les transmasculinités. Manque d’organisation collective ? On ne trouve pas de slogans bandants parce qu’on nous a dit qu’on ne peut pas bander ?

Il y a pourtant besoin, urgence, puisque le lobby TERF a une obsession sur les personnes trans diagnostiquées femme à la naissance. Officiellement, le dit « équivalent » de l’autogynephilie chez les personnes transmasculines (autoandrophilie) connaît très peu d’usage chez les TERFs. Officieusement, c’est différent : quand les TERFs, ainsi que certaines personnalités, parlent « d’épidémie transgenre », de cet effet de « contagion », iels font spécialement référence aux personnes transmasculines et de toutes personnes qui se désidentifient comme femme. Les attaques récentes de Marguerite Stern envers le Planning Familial témoignent de cette crainte de la « promotion des injections de testostérone chez les jeunes adolescentes » (sic). Concernant leurs arguments, iels sortent l’arsenal des statistiques de la clinique Tavistok (qui s’est vue obligé à fermer ses services le 28 juillet de cette année en raison de la pression du lobby anti-trans, laissant des milliers de personnes trans sans prise en charge), les témoignages des « regrets », iels sortent aussi la carte des « possibles maladies mentales qui peuvent créer une comorbidité avec la dysphorie de genre » … Dans le milieu anti-trans, on peut souvent voir le terme « ROGD » ; cet acronyme de l’anglais Rapid-Onset Gender Dysphoria (« apparition soudaine d’une dysphorie de genre », en gros), fait référence au phénomène où, je cite, « l’apparition de la dysphorie de genre se passe dans le contexte d’un groupe de pairs où un ami, plusieurs, voire même toustes sont devenu-e-s dysphoriques et se sont identifié-e-s en tant que transgenre pendant le même espace de temps » [2]. Pour le lobby anti-trans, tout se passe comme si le reste des humains, concrètement eux, authentiques et ininfluençables, ne prenaient pas de décisions suite à l’influence de son groupe de pairs, tels que se marier, avoir des enfants, faire un barbecue ou acheter une maison secondaire en Normandie !

Le néolibéralisme trans, pour les raisons que j’évoquais précédemment, laisse aussi entendre que l’effet « tendance » serait en soi mauvais via l’hypersurveillance identitaire et la croyance de prendre certaines subjectivités trans comme « plus passagères » que d’autres. Bien sûr, celles qui seraient plus passagères sont certaines transmasculinités et les identités non-binaires des personnes assignées femme à la naissance. Appliquant parfois des « souffrimètres » absurdes, le néolibéralisme trans arrive souvent à créer des termes péjoratifs pour ces transitions (tels que « theyfab ») et arrive même à parler du « privilège d’être assigné femme à la naissance » !

Ce qui est mis ici en œuvre, extrême droite, rouge-bruns, TERFs et trans néolibérauxlles confonduEs, n’est rien d’autre que l’opposition à toustes ces « Adèle » que nous sommes. C’est un « ce n’est pas que je suis contre, mais qu’il y a un effet tendance ». Tel est le scénario qui vivons les masculinités incarnées dans des corps assignés très arbitrairement femme à la naissance. Premièrement, il y a une invalidation automatique d’une telle démarche subjective dissidente. Juste une élite golden (toujours inconnue, fantôme) méritera cet insigne. Ceci suppose la non-attribution d’intelligence de celleux qui n’arrivent pas à le mériter (à savoir les 95%) et donc le refus de parole dans l’espace politique. Ne pas avoir la parole ne veut pas dire que nous soyons invisibles : contrairement aux mantras répétés ad vitam, nous sommes même très visibles et hypersexualisé-e-s. C’est juste que notre parole est rarement prise en compte, même par rapport aux femmes (blanches) cisgenre et transgenre. L’infantilisation, la présomption de n’avoir aucune idée de ce qu’on fait est impressionnant. L’argument ? Nous suivons une mode passagère, « c’est une phase ». Trop influençables pour être pris.e.x.s au sérieux. La deuxième réaction [3], par conséquent, est un xpaternalisme sur nos (dé)(re)transitions. On peut constater que, à la différence d’autres coming out pris au pied de la lettre (en termes plus essentialistes, aussi), le xpaternalisme que subit Adèle dans le film homonyme n’est pas si différent du coming out non-binaire de Butler, du coming out transmasculin de Elliot Page, ou même de la dé/retransition de Keira Bell.

Ce xpaternalisme est encore plus terrible envers les personnes jeunes et mineures transmasculines et non-binaires. Combien de fois nous avons entendu « X veut transitionner par angoisse de la puberté, l’angoisse d’avoir des règles, l’angoisse de l’hypersexualisation, l’angoisse des premiers harcèlements dans l’espace public ». Et encore une fois, la mention « les effets de groupe », comme si la part de choix dans la vie poussait dans les arbres ! Lire les échanges de parents transphobes («  ROGD parents  », dans l’argot de Reddit) qui traitent l’enfance comme une étape de la vie angélique, dépossédée de toute signification sociale, est un vrai chantier pour comprendre la surprotection illimitée de certains parents envers leurs filles qui veulent arrêter d’être des filles et devrait nous poser des tant d’autres questions sur des débats à l’heure actuelle.Notre question est très honnête : pourquoi serait-il invalidant de transitionner par peur de la puberté, ou suite à une décision entre des camarades du lycée ou de la fac ? Vous croyez qu’à l’âge de 14 ans, et même avant, on ne sait pas et on ne parle pas entre nous à quel point être une femme c’est vraiment la merde et qu’il faut partir de là ?

En quoi serait-il plus stratégique de dire que nous ne sommes pas une mode [4] et qu’on a « toujours été trans au plus profond de nous », que de donner une sincère autonomie corporelle tant aux mineurs qu’aux majeurs ? Pourquoi se justifier à ce point alors que les choix de vie du reste du monde sont, pour le moment, de détruire ce qui reste de la planète ? Et surtout : Qu’est-ce que nous prétendons d’obtenir, de changer, sans vouloir recruter ?

Conclusion

Nous n’avons aucun mérite à atteindre. Il n’y a pas quelque chose de subconscient, une vérité divine au plus profond du ’Moi’, qui nous pousserait à arrêter d’être des femmes. Nous ne sommes pas transmasc/butch/NB pour nos mérites ou proprioceptions personnelles , nous souhaitons le devenir grâce à nos connexions avec les autres, nous devons tout à nos amiEs, nos amantEs, nos amourEs. Nos devenirs ne sont ni une ascension sociale, ni dus à un délire de ruissellement quelconque qui pourrait « justifier » que nous méritons les « jouets des garçons ». On s’approprie des codes de la masculinité tout simplement parce que ce sont des biens qui devraient être collectivisés. Nous les avons collectivisés à une petite échelle, en fait. Mais aussi, et surtout, parce que ça nous fait bander/mouiller. Ça ne sert à rien une transition s’il n’y a pas une excitation, un picotement, derrière. Les vérités idéalistes issues de nulle part n’arrivent tout simplement pas. Même Sor Juana de la Cruz s’excitait lorsqu’elle parlait de Dieu – et pensait, en secret, à ses amantes.

Peut-être que la solution est que nous soyons, toustes, un peu comme Adèle. Revendiquons de transsexualiser et de non-binariser le monde, notre potentiel à être suiveur.x.ses, influençables, stupides, paumées. À suivre la vague. À faire ce que les autres font. À être des bimbo à barbe, marcel, binder et caleçons Calvin Klein. À faire reconnaître que notre première injection d‘Androtaryl, tout comme notre premier doigtage, se fit bourré-e-s dans les chiottes d’un bar, ou dans le canapé d’un after. À faire entendre que ce n’est pas un problème en soi d’être une mode, tant que cette mode est populaire et non pas restreinte à une élite riche « qui sait mieux ce qu’elle veut ». Nous les transmascgouinbutchpédépxtesalope généralement on ne sait pas ce qu’on veut. Vraiment. On ne le sait pas. Mais on continue nos transitions et à nous désidentifier comme femmes tout de même. On continue à se ra/ressembler, à se singulariser, à se rencontrer, à baiser ensemble, à se disputer aussi, à se réconcilier, à faire des projets, à désirer ouvertement ou en secret… Nous sommes des amantEs qui allons vers l’inconnu, vers quelque chose que le monde ne connaît pas encore. Notre ignorance sur où nous allons et qui nous sommes devrait constituer notre plus grande fierté, puisque cette ignorance constitue les graines des révolutions à venir.

Collectif FTTTI (Femelles Testodépendantes Très Très Influençables)
mail : collectiffttti@gmail.com

[1Deleuze G., Guattari F. (1991) Qu’est-ce que c’est la philosophie ? Ed. Minuit (p.60-81)

[3La troisième réaction, qui sera abordé dans un autre article, est le déni automatique de ces expériences de désidentification comme femmes.

[4Ici, je fais référence à l’étude tout sorti du four de Jack Turman et al dans la revue Pediatrics « Sex Assigned at Birth Ratio Among Transgender and Gender Diverse Adolescents in United States », et divulgué à posteriori en français par Anthony Vincent sur la revue Mademoizelle. L’étude a pour prétention de démonter le mythe du « ROGD ».